Assemblé générale janvier 2026
Bernard, 73 ans — espérantiste depuis 1999
Du 27 juillet au 2 août 2025, plus de 1 100 personnes venues de 63 pays se sont retrouvées à Brno (République tchèque) pour le 110ᵉ Congrès mondial d’espéranto. Le thème était : « L’espéranto et les technologies, ponts pour la paix et la confiance entre les peuples ».
Un congrès mondial, c’est d’abord une immersion dans une communauté internationale. Pendant une semaine, toutes les conversations, les conférences, les concerts, les visites et même les repas se déroulent dans une seule langue commune : l’espéranto. C’est une expérience unique. On y découvre d’autres cultures, on échange sur des sujets très variés, on retrouve des amis venus de précédents congrès et l’on vit ensemble une grande fête internationale.
Le programme est toujours riche : spectacles, théâtre, concerts, visites de la ville ou de la région. Mais pour moi, le plus passionnant reste les conférences. Cette année, j’en ai suivi plus d’une quinzaine. Quelques exemples :
- Démence et bilinguisme : comment l’apprentissage d’une langue comme l’espéranto peut aider à maintenir les facultés cognitives.
- Nouvelles technologies et désinformation : l’impact des fake news, et comment l’espéranto pourrait contribuer à lutter contre la manipulation.
- Rousseau et le langage : une réflexion sur les paradoxes entre langue, société et politique.
J’ai aussi assisté à la présentation du Centro de Esploro kaj Dokumentado (CED), qui depuis plus de 70 ans est la branche de recherche et de documentation de l’Association Universelle d’Espéranto (UEA). J’y ai découvert ses publications, ses programmes de bourses et ses activités internationales dans le domaine de l’interlinguistique et de l’espérantologie.
J’ai également suivi avec intérêt les interventions des dirigeants de l’UEA. Cette année, son nouveau président est entré en fonction : Fernando Maia, 42 ans, Brésilien et géologue de profession, qui a présenté son discours-programme lors de la cérémonie de clôture. Enfin, la rencontre avec des membres de l’Académie d’espéranto, où le public pouvait poser des questions sur l’usage et l’évolution de la langue, a été un moment enrichissant.
Les moments d’émotion ne manquent pas non plus : la cérémonie d’ouverture, où les congressistes de chaque pays sont salués par une ovation, ou encore la soirée nationale, qui met en valeur la culture du pays d’accueil. J’apprécie aussi tout particulièrement la soirée artistique internationale de clôture, préparée et animée par les congressistes eux-mêmes, toujours riche et surprenante.
Participer à un tel congrès, ce n’est pas seulement parler une langue différente. C’est apprendre, découvrir, se lier d’amitié, réfléchir à des enjeux mondiaux et sentir que malgré nos différences, nous pouvons réellement nous comprendre. À travers ce congrès, j’ai une nouvelle fois constaté combien l’espéranto est un outil précieux pour rapprocher les peuples. Face aux logiques de rivalité et de haine, il offre une autre voie : celle du dialogue, de l’amitié et de la solidarité.
Zamenhoffesto Frajburgo 2025